RomaFacile.
Commencer
Créer une entreprise

Visite médicale du travail à Rome : quand est-elle obligatoire et comment l'organiser ?

Tous les salariés n'y sont pas soumis. Découvre quand la visite d'aptitude est obligatoire, qui la paie et ce qui se passe si le médecin dit non.

·
medecin-du-travailvisite-aptitudesurveillance-medicalenouveaux-employessecurite-travail

L'essentiel

La visite médicale du travail est un contrôle obligatoire que le salarié passe avant de commencer à travailler, mais uniquement si son poste l'expose à des risques spécifiques prévus par le D.Lgs 81/2008 (le décret législatif italien sur la santé et la sécurité au travail). C'est le Medico Competente (médecin du travail agréé, nommé par l'entreprise) qui la réalise. Elle est toujours à la charge de l'employeur, jamais du salarié.

En bref

Coût 50-150 €/salarié pour la visite préalable (à la charge de l'employeur). Mission annuelle du médecin du travail : 800-2 500 €.
Délais Visite préalable obligatoire avant le début de l'activité. Durée de la visite : 30-60 minutes. Résultat : immédiat ou sous 1-2 jours.
Où à Rome ASL (Azienda Sanitaria Locale — l'agence de santé publique locale) Roma 1 (Borgo S. Spirito 3), ASL Roma 2 (Via Filippo Meda 35), ASL Roma 3 (Via Casal Bernocchi 73) — ou médecin du travail privé.
Documents Pièce d'identité, Codice Fiscale (numéro fiscal italien — code personnel de 16 caractères, utilisé partout), Permesso di soggiorno (permis de séjour pour les ressortissants non UE), documents médicaux antérieurs

Quand la visite est-elle obligatoire — et quand ne l'est-elle pas ?

La visite d'aptitude n'est pas universelle. Elle s'impose uniquement si le Document d'Évaluation des Risques (DVR — document obligatoire que chaque entreprise italienne doit rédiger) identifie des risques spécifiques liés au poste.

Les cas les plus fréquents qui déclenchent l'obligation :

  • Travail sur écran plus de 20 heures par semaine (y compris en télétravail)
  • Manutention manuelle de charges lourdes
  • Exposition au bruit égale ou supérieure à 80 dB
  • Travail de nuit habituel
  • Exposition à des agents chimiques, biologiques ou cancérogènes
  • Vibrations (mains-bras ou corps entier au-delà du seuil réglementaire)
  • Travail en hauteur sur les chantiers
  • Conduite de véhicules pour le compte de l'entreprise
  • Postes dans les secteurs santé, bâtiment, restauration, nettoyage, coiffure, agriculture
  • Travailleurs mineurs (16-18 ans) : toujours obligatoire
  • Travailleuses enceintes : visite exceptionnelle dès la déclaration de grossesse

En revanche, pour un poste de bureau sans usage prolongé de l'ordinateur, ou pour des fonctions administratives sans autre risque particulier, la surveillance médicale n'est pas requise. Cela dit, même sans obligation, le salarié peut demander une visite au médecin du travail à tout moment.

Qui est le Medico Competente et comment est-il nommé ?

Le Medico Competente (MC) n'est pas le médecin de famille. C'est un médecin spécialisé en médecine du travail (ou discipline équivalente), inscrit à la liste nationale tenue par le ministère de la Santé.

L'employeur le nomme par une lettre de mission, l'indique dans le DVR et en informe l'INAIL (l'institut italien d'assurance accidents du travail). Il peut s'agir d'un professionnel libéral, d'un médecin salarié de l'entreprise ou d'un organisme conventionné.

Le rôle du médecin du travail ne se limite pas aux visites : il participe à l'évaluation des risques, visite les lieux de travail au moins une fois par an, prend part à la réunion annuelle de prévention (obligatoire pour les entreprises de plus de 15 salariés) et tient le dossier médical confidentiel de chaque salarié.

Comment se déroule la visite préalable (pour les nouveaux embauchés)

Quand tu embauches quelqu'un pour un poste à risque, tu dois organiser la visite avant qu'il commence à travailler — pas le premier jour, pas après.

La procédure est simple :

  1. Tu communiques au médecin du travail le nom du nouvel embauché et le poste qu'il occupera
  2. Le médecin fixe le rendez-vous (en cabinet conventionné ou dans l'entreprise)
  3. La visite comprend : entretien sur les antécédents médicaux, examen physique, et éventuellement des examens complémentaires (audiométrie, spirométrie, analyses sanguines, électrocardiogramme, bilan ophtalmologique — selon le risque)
  4. Le médecin délivre le jugement d'aptitude en exemplaires pour l'employeur et pour le salarié

Pour la visite, le salarié doit apporter une pièce d'identité en cours de validité, le Codice Fiscale, d'éventuels comptes-rendus ou documents médicaux antérieurs, et — s'il est ressortissant non UE — le Permesso di soggiorno.

Les visites périodiques et les visites exceptionnelles

La visite préalable n'est pas la seule. La surveillance médicale se répète à plusieurs occasions :

Visites périodiques : à des intervalles définis par le médecin dans le Protocole Sanitaire. Les fréquences habituelles sont annuelles (pour les utilisateurs d'écrans de plus de 50 ans, ou en cas d'exposition élevée à des agents chimiques), biannuelles (écrans pour les moins de 50 ans, bruit entre 85-87 dB) ou quinquennales (bruit modéré, manutention de charges sans pathologie).

Visite de reprise : obligatoire après une absence maladie de plus de 60 jours consécutifs. Elle vérifie que le salarié est encore apte à son poste avant de reprendre le travail.

Visite lors d'un changement de poste : quand le salarié passe à un rôle présentant des risques différents de ceux du poste précédent.

Visite à la demande du salarié : peut être demandée à tout moment si le salarié estime avoir des problèmes de santé liés à son travail. Le médecin ne peut pas refuser.

Le jugement d'aptitude : ce que peut dire le médecin

Après la visite, le médecin rend l'un de ces avis (art. 41 c. 6 D.Lgs 81/2008) :

  • Apte au poste, sans restriction
  • Apte avec prescriptions ou limitations : par exemple "apte avec port obligatoire de lunettes de correction", ou "apte avec limitation de port de charges au-delà de 15 kg". L'employeur est tenu de respecter ces prescriptions. Les ignorer expose à des sanctions et à une responsabilité directe en cas d'accident.
  • Inapte temporairement : le salarié ne peut pas exercer le poste pendant une période définie (ex. 30 jours), puis fait l'objet d'une nouvelle évaluation.
  • Inapte définitivement : l'employeur doit chercher un autre poste compatible avec l'état de santé du salarié. Si ce n'est pas possible, il peut procéder au licenciement pour motif objectif justifié.

L'employeur et le salarié peuvent tous deux contester le jugement dans un délai de 30 jours à compter de la notification, en s'adressant à la Commission Médicale de l'ASL territorialement compétente. Le recours est gratuit pour le salarié.

Erreurs à éviter

  1. Laisser le salarié commencer avant la visite. Si le poste exige une surveillance médicale et que la visite n'a pas eu lieu, l'employeur s'expose à une amende de 2 500 à 6 400 € et à une responsabilité directe en cas d'accident.
  2. Envoyer le salarié chez son médecin de famille. Le médecin de famille n'a pas la qualité de médecin du travail. L'avis qu'il délivre n'a aucune valeur légale en matière de surveillance sanitaire au travail.
  3. Ignorer les prescriptions du médecin. Si le médecin écrit "apte avec limitation d'utilisation de l'écran à 4 heures consécutives maximum" et que le salarié travaille 8 heures devant un ordinateur, l'employeur est en infraction et les conséquences sont sérieuses.

Cas particuliers

Télétravail : si le salarié utilise l'ordinateur depuis chez lui plus de 20 heures par semaine, l'obligation de surveillance médicale reste applicable. Le médecin peut évaluer le poste de travail à domicile via questionnaire ou photos.

Travailleurs intérimaires : la visite préalable est à la charge de l'agence d'intérim, mais l'entreprise utilisatrice doit lui communiquer les informations sur les risques spécifiques du poste.

Travailleurs en situation de handicap : la visite doit tenir compte du handicap. Le médecin peut prescrire des aménagements du poste de travail.

Salariés étrangers non UE : les mêmes règles s'appliquent à tous les travailleurs. Le jugement d'aptitude peut aussi être requis lors du renouvellement du Permesso di soggiorno en cas de contrat de travail.

Dossier médical : le médecin conserve pour chaque salarié un dossier médical confidentiel. Le salarié a le droit d'y accéder à tout moment et d'en recevoir gratuitement une copie à la fin du contrat. La durée de conservation est de 10 ans en général, mais passe à 40 ans pour ceux qui ont été exposés à des cancérogènes, mutagènes ou à l'amiante.

Sources officielles

Références réglementaires : D.Lgs 09/04/2008 n. 81 artt. 25, 38-42; DM 04/03/2009; D.Lgs 151/2001; D.Lgs 345/1999; D.Lgs 66/2003; DPR 309/1990 art. 125; Accordo Stato-Regioni 16/03/2006 e 18/09/2008.