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Accords de réciprocité pour le permis de conduire : quels pays peuvent convertir sans examen en Italie

Tout le monde ne peut pas convertir son permis étranger en Italie. Découvre quels pays ont un accord avec l'Italie, les cas particuliers des USA et du Canada, et quoi faire si ton pays n'est pas sur la liste.

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L'essentiel

L'Italie reconnaît le permis de conduire étranger sans examen uniquement s'il existe un accord bilatéral avec le pays qui l'a délivré. Ces accords s'appellent accords de réciprocité. Si ton pays figure sur la liste, tu peux convertir ton permis en permis italien en apportant les documents à la Motorizzazione de Rome. Si aucun accord n'existe, tu dois tout reprendre depuis le début : code de la route et conduite.

En bref

Coût Mêmes frais que pour la conversion classique : environ 80-180 € en autonomie
Délais Vérifie auprès du MIT avant de commencer : la liste est mise à jour régulièrement
Où vérifier mit.gov.it — Motorizzazione Roma : 06 41581
Documents Les mêmes que pour la conversion classique (voir le guide de conversion du permis étranger à Rome)

Les trois situations possibles

Permis UE ou EEE : aucune conversion nécessaire

Si tu as un permis de l'un des 27 pays de l'UE, de la Norvège, de l'Islande ou du Liechtenstein (EEE), ou encore de Saint-Marin, du Vatican ou de Monaco, ton permis est déjà valable en Italie jusqu'à sa date d'expiration. Tu n'as rien à convertir.

Après 2 ans de résidence en Italie, tu peux demander l'enregistrement dans l'archive italienne : tu conserves ton permis, mais les renouvellements, points et infractions sont gérés selon les règles italiennes.

Permis hors UE avec accord de réciprocité : conversion sans examen

Voici les pays qui, à la date de mise à jour de ce guide, ont un accord reconnu par l'Italie. La liste est en constante évolution : vérifie toujours la version actuelle sur le site du MIT avant de commencer la démarche.

Europe (hors UE) : Suisse, Royaume-Uni (avec distinctions post-Brexit), Albanie, Macédoine du Nord, Moldavie, Serbie, Turquie, Ukraine.

Amériques : Argentine, Brésil, Canada (provinces — voir ci-dessous), États-Unis (certains États fédéraux seulement — voir ci-dessous), Uruguay.

Afrique : Maroc, Tunisie, Algérie.

Asie : Corée du Sud, Philippines, Japon, Israël, Liban, Sri Lanka, Taïwan.

Océanie : Australie (certains États seulement), Nouvelle-Zélande.

Les permis délivrés par des organisations internationales et les permis militaires OTAN entrent également dans des catégories spéciales.

Permis d'un pays sans accord : examens obligatoires

Pour tous les pays absents de la liste, il n'y a pas de raccourci : il faut suivre le parcours complet (permis d'apprenti conducteur, examen théorique, examen pratique). Exemples de pays sans accord : Chine, Inde, Pakistan, Bangladesh, Égypte, Nigeria, Sénégal, Éthiopie, Iran, Irak, Russie et la plupart des pays d'Afrique subsaharienne et d'Asie centrale.

USA : c'est l'État qui compte, pas la nation

L'accord entre l'Italie et les États-Unis ne s'applique pas de la même façon à tous les Américains. Il fonctionne État par État : seuls les résidents des États ayant un accord actif peuvent convertir.

Les États actuellement reconnus par le MIT sont la Floride et le Maryland. Par le passé, la liste était bien plus longue (Pennsylvanie, Illinois, Texas, Virginie et d'autres), mais plusieurs accords ont été suspendus ou sont en cours de révision.

Si ton permis provient d'un État qui ne figure pas sur la liste, tu dois obtenir un permis italien en repartant de zéro. Avant de lancer toute démarche, appelle la Motorizzazione (06 41581) ou consulte le site du MIT pour avoir la version à jour.

Canada : c'est la province qui compte

Le Canada a des accords séparés pour chaque province. Les 10 provinces principales — Alberta, Colombie-Britannique, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse, Ontario, Île-du-Prince-Édouard, Québec et Saskatchewan — ont toutes un accord reconnu avec l'Italie.

Pour les trois Territoires (Yukon, Nunavut, Territoires du Nord-Ouest), les règles sont particulières : vérifie au cas par cas auprès de la Motorizzazione.

Suisse et Royaume-Uni

La Suisse n'est pas dans l'UE mais a un accord historique avec l'Italie. Le permis suisse se convertit dans un délai d'un an à compter de la résidence, pour les catégories A, B, C, D et E. La traduction jurée n'est généralement pas nécessaire car le permis suisse est déjà multilingue, incluant l'italien — vérifie quand même au moment de la démarche.

Pour le Royaume-Uni, la situation dépend de la date d'émission. Les permis délivrés avant le 31 décembre 2020 étaient encore classifiés comme UE. Ceux émis après le Brexit relèvent de l'accord de réciprocité et doivent être convertis dans l'année suivant la prise de résidence.

Réfugiés : conversion possible même sans accord

Si tu as le statut de réfugié ou la protection internationale, tu peux convertir le permis de ton pays d'origine même si aucun accord n'existe. Le DM 11/01/2017 s'applique. Tu dois fournir le document de voyage pour réfugiés (Convention de Genève de 1951) et l'attestation de la Commission Territoriale, en plus des documents standards pour la conversion.

La Motorizzazione examine chaque dossier individuellement.

Comment vérifier ton pays

Avant de lancer toute démarche, vérifie via l'un de ces canaux :

  1. Site du MIT : mit.gov.it — conversion de permis étrangers
  2. Portail de l'Automobiliste : ilportaledellautomobilista.it
  3. Motorizzazione Roma par téléphone : 06 41581 (ou email ufficio.roma@mit.gov.it)
  4. Consulat de ton pays à Rome : il dispose souvent des informations les plus récentes

Quand tu appelles, précise : le pays (ou l'État/la Province pour les USA et le Canada), la catégorie de ton permis (A, B, C...) et la date de délivrance.

Erreurs à éviter

  1. "Tout le pays est traité pareil". Pour les USA et le Canada, l'accord vaut État par État et Province par Province. Un permis de Californie et un permis de Floride n'ont pas le même traitement.
  2. Se fier à une liste obsolète. La liste des accords évolue dans le temps : l'Italie a ajouté l'Albanie, les Philippines et l'Ukraine ces dernières années, et a revu les reconnaissances pour certains États américains. Une liste de 2015 peut être incorrecte.
  3. Confondre la Convention de Vienne avec un accord de réciprocité. La Convention de Vienne de 1968 régit la reconnaissance temporaire pour la circulation internationale (généralement 1 an). Elle ne donne pas droit à la conversion.
  4. Croire que le permis marocain ne se convertit pas. Le Maroc figure bien sur la liste : le permis se convertit normalement.

Cas particuliers

Double nationalité : si tu as à la fois la nationalité italienne et celle d'un pays hors UE, c'est le pays qui a délivré le permis qui compte. Si ce pays figure sur la liste, la conversion est possible.

Permis déjà converti dans un pays de l'UE : si tu as transformé ton permis hors UE en permis d'un pays de l'UE pendant ton séjour là-bas, tu possèdes maintenant un permis européen. En Italie, il est traité comme tel — inutile de le convertir à nouveau.

Permis de territoires spéciaux : un permis délivré dans un territoire d'outre-mer français (ex. Polynésie) vaut comme un permis UE. Un permis de Gibraltar suit les règles britanniques.

Permis militaires OTAN : des procédures spéciales existent avec les autorités militaires italiennes, distinctes de la procédure civile ordinaire.

Sources officielles

Références réglementaires : D.Lgs 285/1992 (Code de la route) art. 136 ; DPR 495/1992 art. 238 ; DM 25/01/2013 ; DM 11/01/2017 ; accords bilatéraux Italie-pays tiers.